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Entrevue Exclusive avec Jacques Doucet
D’abord comme journaliste sportif à La Presse lors des débuts des Expos en 1969 et ensuite comme commentateur et analyste à la radio de 1972 jusqu’à 2004, Jacques Doucet a suivi les Expos du début à la fin.  En mai 2002, monsieur Doucet a été intronisé au Panthéon du baseball québécois. Le 21 juin 2003, il a été intronisé au Temple de la Renommée des Expos et le 23 juin 2004, il a été reçu au Panthéon du Baseball canadien à Toronto.  Il pourrait bien éventuellement voir son nom immortalisé au prestigieux Temple de la Renommée du baseball à Cooperstown dans l’État de New York, dans le cadre d’un vote populaire, le prix Ford C. Frick, remis tous les ans à un commentateur pour souligner sa «contribution majeure au baseball».  Monsieur Doucet était en lice pour cette récompense ces trois dernières années.  Que ce soit pour la longévité (33 ans!) ou encore pour sa contribution au niveau de la francisation des termes du baseball tels que nous les connaissons aujourd’hui, sa «contribution au baseball» est bel et bien majeure...
 
Pour L’occasion du 30ième anniversaire des Ambassadeurs, il a accepté de nous accorder une entrevue.
Ambassadeurs : La première saison des Ambassadeurs a eu lieu en 1979, alors que c’était le début des vraies belles années des Expos.  Que retenez-vous de cette saison des Expos?
Jacques Doucet : C’était, en effet, le début d’une des meilleures périodes pour les Expos, car c’était vraiment le moment où le réseau des filiales de l’équipe fournissait les meilleurs éléments du club. On y retrouvait des joueurs de talent comme Gary Carter, Larry Parrish, André Dawson, Warren Cromartie, Tim Raines, Scott Sanderson, David Palmer et Bill Gullickson pour ne nommer que ceux-là.
 
Ambassadeurs : Avant l’arrivée des Expos en 1969, étiez-vous un amateur de baseball?
Jacques Doucet : Oui. Bien que le hockey était, à ce moment-là, mon sport numéro un.  Je suivais assidument les activités du baseball majeur dans le cadre de mon travail de journaliste sportif à La Presse. Le baseball m’avait toujours intéressé puisque mon père m’y avait initié en bas âge.
 
Ambassadeurs : Si oui, qu’est-ce qui vous a fait connaître et aimer ce sport marginal à l’époque?
Jacques Doucet : Je ne dirais pas que le baseball était un sport marginal avant l’arrivée des Expos puisque les défunts Royaux de Montréal, de la Ligue Internationale avaient été très populaires et que la défunte Ligue Provinciale, qui avait réuni des villes comme Granby (où j’ai grandi), Drummondville, Farnham, Sherbrooke entre autres, Québec avait également joui d’une très forte popularité. J’ai vraiment commencé à apprécier le baseball alors que j’ai côtoyé des gérants de la trempe de Gene Mauch et Dick Williams qui m’ont appris les «secrets» de ce sport qui, en surface, paraît lent et dénué de stratégie, mais qui en réalité regorge de subtilités.
 
Ambassadeurs : Quel est votre meilleur moment comme descripteur?
Jacques Doucet : J’en ai eu plusieurs. Mais de toute évidence puisque l’on dit que la perfection n’est pas de ce monde et que j’ai eu le privilège de commenter deux matches parfaits, ceux de Dennis Martinez pour les Expos contre les Dodgers et de David Cone, des Yankees, contre les Expos, je dirais que ces deux matches viennent en tête de liste. Suivi de près par le match des étoiles présenté à Montréal en 1982.
 
Ambassadeurs : Quel est votre pire moment comme descripteur?
Jacques Doucet : Il y en a eu plusieurs également, Notamment le célèbre match de ce lundi d’octobre 1981 alors que Rick Monday a claqué son circuit aux dépens de Steve Rogers. Mes valises étaient prêtes pour filer à New York après ce match alors que les Expos auraient été les rivaux des Yankees dans la première Série Mondiale de leur histoire…Sans oublier le moment où j’ai dû annoncer que les joueurs du baseball majeur avaient décidé de déclencher un arrêt de travail en août 1994 et que les Expos étaient en tête avec une priorité de six matches et demi et avaient possiblement la meilleure équipe de leur existence.
 
Ambassadeurs : Vous entamez votre troisième saison comme descripteur des Capitales de Québec.  Ottawa se joint à la ligue Can-Am cette année.  Est-ce qu’il y a du nouveau dans le dossier de l’équipe qui jouerait à St-Lambert?
Jacques Doucet : C’est un dossier qui stagne toujours mais qui semble s’orienter plutôt vers Verdun. L’immobilisme des dirigeants de tous les groupes impliqués dans le dossier Longueuil-Saint-Lambert semble avoir incité les promoteurs du projet à s’orienter vers un autre secteur qui, manifestement, est plus intéressé au projet. Avec l’arrivée d’une équipe à Ottawa (une ville qui possède déjà son stade) il faudrait évidemment que la construction d’un stade dans la région de Montréal s’amorce au printemps 2008 si l’équipe projetée doit naître en 2009. Ce serait excellent pour redonner le goût du baseball aux sportifs de la région métropolitaine.

Ambassadeurs : Qu’est-ce que vous aimez du baseball?
Jacques Doucet : C’est un sport qui, pour l’amateur, ne nécessite pas nécessairement une attention de tous les instants et qui entraîne des échanges sains parmi les spectateurs qui s’y connaissent un peu ou beaucoup en raison des diverses stratégies qui sont possibles. Est-ce que l’on doit tenter un «court-et-frappe» ou bien un vol de but ? Est-ce le moment où non de changer son lanceur partant en faveur d’un releveur ? Qui le gérant devrait-il utiliser comme frappeur d’urgence ? Le baseball est, à mes yeux, le sport de prédilection pour ceux qui se prennent pour des gérants d’estrade.
 
Ambassadeurs : Comment voyez-vous l’avenir des ligues comme les Ambassadeurs?
Jacques Doucet : C’est un bel avenir en autant qu’il y aura des gens intéressés à s’impliquer comme bénévoles et qui laisseront aux jeunes le temps de s’amuser. La victoire à tout prix n’a pas sa place à ce niveau et il faut que les dirigeants placent le bien-être des jeunes au-dessus de leurs propres ambitions. Il faut aussi que les responsables des loisirs des municipalités donnent une place convenable à tous les sports, sans en privilégier un au détriment des autres. Que l’on donne l’occasion aux jeunes de s’initier à plusieurs sports de façon à ce qu’ils puissent faire leur propre choix quant au sport auquel ils  préféreront s’adonner. Qu’il s’agisse du soccer, du baseball, du hockey, du tennis ou autre.
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